Entourée d’une moitié de Gnarls Barkley, la chanteuse anglaise livre «The Blue God», un superbe album aux contours soyeux et mystérieux.
2008 est sans doute l’année du revival trip hop. Entre le come-back inespéré de Portishead et le retour annoncé de Tricky, il ne restait plus qu’à Martina Topley Bird de réapparaître. C’est chose faite avec «The Blue God», un nouvel album plus pop que trip. En cinq ans d’absence discographique, Martina a gagné en maturité vocale. Elle se fait chatte indisciplinée au détour de ces chansons lascives et mystérieuses.
Ancienne muse et compagne de Tricky, elle s’en est totalement émancipée. La chanteuse a multiplié les collaborations. C’est sur le deuxième album de Gorillaz que la belle Anglaise a croisé la route de Danger Mouse, moitié de Gnarls Barkley, réalisateur de ce «The Blue God».
«On s’est tout de suite très bien entendu et il m’a dit qu’il souhaitait travailler avec moi», avance la jeune femme. Seulement voilà. L’agenda de Danger Mouse est au moins aussi surbooké que celui de Sarkozy. Entre l’album de Beck, celui de Gnarls Barkley et les autres, le jeune homme n’a pas une minute à lui.
Si Martina Topley Bird a mis près de cinq ans à revenir dans le circuit, est-ce un peu à cause de lui? «Oui, tout est de la faute de Danger Mouse!», lance-t-elle dans un éclat de rire.
«J’ai commencé à y travailler en 2003. Et il se trouve que Danger Mouse était très occupé. J’ai dû me mettre sur liste d’attente», raconte-t-elle. Mais cette longue absence se justifiait, si l’on en juge la haute qualité de cet album. «The Blue God» possède tous les charmes du poison. Et même si c’est Danger Mouse aux manettes, on ne retrouve pas les tics du génie de la production. «Je me suis demandée où étaient les beats. Il n’y a en a pas un seul! Il y a tellement de disques qui sortent signés Danger Mouse que je suis contente qu’il ne sonne pas comme les autres», révèle Martina.
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