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Test Philips Fidelio M1

Philips Fidelio M1

Présentation

La gamme Fidelio est sans conteste la plus ambitieuse de Philips. Oscillant entre luxe et haut de gamme, la marque a réussi avec le L1 un sacré pari. Modèle perfectible en tant que nomade pur, il se classait pourtant au niveau des meilleurs de sa gamme de prix. Le M1, plus compact, supra, mais dans la approche qualitative, a la dure tache de transformer l’essai.

Package

Rarement un déchainement dans les packages Philips. Si l’on atteint pas le degré de dépouillement de la gamme Citiscape, la seule réelle différence est la présence d’une housse souple en tissu. Pas vraiment de manque, excepté un câble avec connexion jack classique, la prise smartphone du modèle n’étant pas compatible partout.

Fabrication

Moins luxueux que son grand frêre de prime-abord, le modèle est plus sobre d’une certaine façon. Moins doux dans ses matériaux, moins imposant et sans doute moins massif, le M1 reste au-dessus des Focal S1 ou Sennheiser HD25 pourtant, le plastique est rare, le cuir et le métal se mélangent avec cohérence, il n’y a pratiquement aucun point faible. L’arceau métallique garde une certaine torsion, les points de réglages et de pivots sont tous métalliques. Encore une fois, c’est probablement le câble qui lâchera en premier. Celui-ci n’est pas le plus massif du marché, assez fin, mais on retrouve un gainage tissu et l’assemblage semble bon.

Confort

Pas aussi bon que le Downtown, le modèle reste sur la très bonne approche coussinet. Le modèle se fait presque oublier les 1 ou 2 premières heures. Au-delà, la pression de l’arceau peut alors se faire sentir. Le réglage est pour moi très bon, mais le M1 est moins adapté aux grosses têtes que le L1. La tenue est bonne, mais le système de coussinet n’est en revanche pas adapté à l’activité sportive, les coussinets pivotant facilement (je ne conseille pas les casques arceaux pour le sport d’une manière générale).

Isolation

Philips fait des progrès sur ce point, c’est indéniable. Le produit fait d’ailleurs mieux que le semi-ouvert L1. Cette isolation se ressent particulièrement bien avec les aigus. En pratique, on reste quelques crans en dessous des HD25 et Spirit One, moins aérés mais fatalement plus isolants. Passable dans les transports en communs.

Le Son

On aurait pu s’attendre à une version mini du L1, ce n’est pas vraiment le cas.

Constat heureux, ou non, le modèle est très proche de la neutralité. L’équilibre est étonnant, légère baisse dans les haut-médiums et à partir des aigus, mais cela se ressent, au pire, comme une légère trace de voile.

Bien plus frontal dans son approche que le L1, le modèle se démarque par un côté plus rentre-dedans au besoin, ce qui le rapproche largement des styles rock, hard-rock, et métal, pour lesquels la copie est très bonne.

Il est possible de le comparer au HD25 et au S1 techniquement, le Philips étant dans cet univers, on pourrait pratiquement le qualifier de compromis. Meilleur que le HD25 sur les styles comme le jazz ou le classiques, il n’est pas aussi clinquant que S1, gardant une sonorité plus naturelle, parfois plus ennuyeuse, mais pas agressive. Il est, de fait, difficile de voir un modèle plus versatile. Le M1 n’est le roi dans aucun des styles à proprement parler, mais il sonne systématiquement juste.

Cette qualité s’exprime avant tout dans le niveau de détails, pratiquement irréprochable. Son grand frère était de la même veine, avec plus de largeur bien sur. La dynamique du Spirit One me parait toujours légèrement au-dessus. La bataille est rude entre ces 2 modèles sur la profondeur de scène et la séparation des instruments, là où l’âge du HD25 se fait sentir.

La baisse dans les aigus ne se ressent vraiment que dans les voix, moins claires qu’avec le Spirit One par exemple. Le rendu est suffisamment qualitatif pour donner une excellente copie sur le genre Jazz ou acoustique. On retrouve également un certain tranchant dans l’écoute lorsque cela est nécessaire.

La rapidité des basses est encore perfectible, bien que, contrairement à la norme, il tiens parfaitement le niveau jusqu’aux extrêmes.

Il n’y a pas grand chose à corriger en terme de sonorité, l’essentiel étant une affaire de gout. Le HD25 étant de mon point de vue toujours plus adapté aux styles rapides même si pas forcément supérieur (notez la nuance), le Spirit One distille un son plus charpenté, un grain très gras, parfois un peu artificiel, plus chantant, mais qui en tous cas ouvrira le débat. Le problème du Philips sera peut-être cette sonorité justement, loin de ce que pourra apprécier le néophyte. Il n’y a aucun gonflement de telle ou telle fréquence.

De ce point de vue, la différence est assez nette avec le grand frère L1, lequel sonne très large et profond, excellent sur les médiums, mais moins régulier sur les autres fréquences. Si l’on ne peut pas parler de casques complémentaires, nous sommes qualitativement bien dans la même gamme. Pas de surprise donc, le M1 est une réussite de plus. Si la qualité technique et la forme ne sont pas sujet à reproche, l’isolation reste toujours en deçà de ses gros concurrents directs, ce qui est dommageable.

CONCLUSION

Pas de catastrophe avec ce modèle qui continue sur la lancée du premier Fidelio. Un modèle quasi-irréprochable, technique, d’une fabuleuse neutralité. Pas aussi enveloppant que le L1, il améliore encore sa polyvalence pour être, sans doute l’un des plus aboutis sur ce point. L’isolation gagne un cran, mais ne peut prétendre égaler les meilleurs.

17/20

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.


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