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Test Focal Spirit One

 

Introduction : Consommez Français qu’ils disent. Pourquoi pas, mais en matière de casques nous sommes proches du néant; la faute, peut-être, à un marché largement dominé en Europe par l’Allemagne. C’est à ce moment qu’intervient, tel un Sébastien Loeb ou un Teddy Riner, le constructeur Focal, remarqué à la fois pour ses modèles de bureaux (XS Book) et surtout pour l’impressionnante gamme Grande Utopia. Oui mais, la transition entre enceinte et casque n’est pas nécessairement évidente tant les contraintes diffèrent. B&W s’y est d’ailleurs à moitié cassé les dents, avec un modèle agréable mais pas inoubliable.
Voici donc le Focal Spirit One, énième casque à défier l’orgueilleux HD25, toujours calé sur son trône.

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Focal Spirit One

 

 

Présentation

 

 

Annoncé comme le fruit d’un développement de 2 ans, ce modèle est sur papier rempli de bonnes choses. Plutôt agréable et visiblement bien construit, tout restait à découvrir sur ce modèle qui, même dans les derniers mois, continuait d’évoluer au gré des suggestions d’utilisateurs et de spécialistes.

 

Attente longue qu’il fallait éviter à tout prix de transformer en arlésienne, un produit trop attendu n’est que trop souvent décevant. Au départ annoncé pour la fin de l’année 2011, c’est finalement cette dernière dizaine du mois de Février que le produit se dévoile totalement.

 

 

 

Côté prix, la marque se place, à priori, dans le meilleur secteur possible. Un secteur ultra concurrentiel mais également considéré comme normal à l’heure actuelle, à savoir 200 Euros. Le Focal Spirit One est, grosso-modo, dans ce qu’il est classique de voir avec de bons casques nomades,  les V-Moda, le Sennheiser HD25, le ES7 d’Audio Technica, le AIAIAI TMA1, les modèles Monster Beats et bien d’autres encore. Nous évitons ainsi le positionnement déjà trop élitiste du P5 de B&W ou encore des haut de gamme ESW9 et ES10 d’Audio-Technica, excellents bien que plombés par le ratio Yen/Euros. Mais qui dit secteur concurrentiel dit besoin de surnager. Le grand public ne connait pas cette marque, et l’audiophile est, de fait, très exigeant encore qu’insaisissable et versatile.

 

 

 

Coté design nous sommes dans une approche oscillant entre DJ et Luxe façon B&W. Un coté plus grand public donc, mais un look bien reconnaissable, à la fois par la présence de coques en ovale, ainsi que par l’accroche particulière de l’arceau aux coques. Le Spirit One est plutôt agréable donc, encore qu’un problème d’esthétique se pose. En effet, le système de pivot du modèle (le tube sur lequel est marqué le logo) dépasse vers l’extérieur, ce qui n’est pas franchement beau vu de face.

 

 

Package

 

Présentation simple, bien moins fournie que chez Monster, la boite est petite et assez classique de l’extérieur. Nous évitons le gros « made for Apple » en façade comme beaucoup le servent.

 

 

Un petit coulissage pour découvrir la première bonne surprise, une housse de rangement (ou de transport) rigide, presque indispensable à ce niveau de prix et pourtant pas systématique. A l’intérieur le casque posé, oreillettes pivotées à 90°.

 

 

On retrouve également une seconde housse, en tissus, donc totalement souple, mais suffisant pour certains cas, un bon anti-poussière. Enfin, à l’intérieur, l’essentiel du package : Le câble du modèle, une rallonge/adaptateur Jack 4 connexions vers jack 3 connexions, un adaptateur Jack 6.35mm, et une prise avion.

 

 

Le câble donné est un modèle avec télécommande et micro. Si les fonctions classiques de télécommande semblent fonctionner avec les modèles Android et Windows Phone, cette télécommande est avant tout dédiée Apple et le réglage sonore ne fonctionne donc que sur les produits iOS. L’idée de ce câble est presque une base maintenant tant les smartphones sont nombreux en source, mais il est dommage de ne pas avoir livré un câble classique. En effet, les connexions Jack de câbles à télécommande ne sont pas forcément compatibles avec toutes les autres prises casques, la faute à une masse trop courte. La marque a ainsi donné une sorte de petite rallonge permettant d’utiliser une prise classique. Bien mais un peu dommage d’en arriver là.

 

 

Fabrication / Ergonomie

 

Plusieurs points ici. D’une manière générale, le casque possède un coté massif. Son poids de 225gr est assez élevé pour un modèle nomade mais pas dérangeant. Aucun jeu sur les coques, alliant plastique massif et aluminium, et revêtement caoutchouteux plutôt agréable sur la partie supérieure de l’arceau.

 

 

 

 

Ce dernier possède une bonne marge d’écartement, aucun souci de casse avec un usage normal. En revanche, celui-ci est très rigide pour ce qui est de la torsion. Sa structure étant en plastique, je ne pense pas qu’il soit extrêmement solide de ce côté, nous ne sommes en tout cas pas au même niveau que le V-Moda M80.

 

 

 

 

Autre petit point de faiblesse apparent, le système de pivot de l’arceau, construit autour d’une boule et d’un système de blocage. Ce système est très bien conçu d’un point de vue ergonomique, mais entièrement fait de plastique, loin d’être incassable donc en théorie.

 

 

 

 

Aucun reproche sur le câble, détachable, gainé de tissu, relativement épais et souple, visiblement très solide coté Jack.

 

 

 

Pour ce qui est de la fabrication nous sommes donc dans du bon, mais ce modèle n’est pas non plus un standard. Si la solidité est très grande sur certains points, elle dévoile des faiblesses sur d’autres, certains modèles comme le HD25 sont ainsi moins bien fini, mais également sans réel point de faiblesse, finition contre construction en somme.

 

 

 

Confort

 

Première constatation, ce modèle serre relativement. Moins que le Beats Mixr, mais plus que la plupart des modèles. On retrouve heureusement des coussinets en simili très doux et rembourrés, il n’y a donc pas de gêne particulière, du moins pas avant les 2 premières heures pour ma part, la pression finira tout de même par se faire sentir. En contrepartie, la tenue est excellente. Le casque tient parfaitement et ne ballote pas lors de mouvements de tête.

 

 

 

 

Si je devais le classer sur ce point (hautement subjectif donc), je le placerais en dessous du AIAIAI TMA1 et du Philips L1, mais au-dessus du HD25, du V-Moda M80, du Wesc Bassoon et du Beats mixr.
Ce point est assez logique étant donné que nous sommes dans une approche circum (entourant l’oreille).

 

 

 

Isolation

 

Seconde épreuve et sans doute la plus importante du nomadisme car capable de ruiner beaucoup de promesse sur d’excellents casques (Wesc bassoon, M80 de V-Moda pour ne citer qu’eux). Heureusement nous sommes dans la tranche des très bons fermés, donc du niveau du Sennheiser HD25, AIAIAI TMA1 et Monster Beats Mixr, pratiquement aucun problème dans les transports en commun. Ne reste plus qu’à passer l’épreuve du feu avec le son.

 

 

LE SON

 

 

Matériel de test

 

Testé avec un Cowon S9 et un Samsung Omnia 7 la plupart du temps, ainsi qu’un Hifiman HM801 en sédentaire.

 

The rolling Stone : sympathy for the devil

 

 

Première constatation, nous sommes dans du casque chaleureux, définitivement pas une approche neutre. Niveau des bas médiums assez normal mais petit pic dans les basses, pas étouffant mais marqué. Excellent niveau de détail et séparation des instruments. Bonne reproduction de la voix. Le point le plus remarquable ici est la texture donnée aux différents instruments, très précise. Pas de reproche, c’est une représentation chaude sur un morceau déjà assez chaud, et pourtant le rendu est très bon.

 

 

Bob Marley : One love

 

Jeu très lourd de la basse mais en gardant une bonne dose de définition. La différence avec le HD25 est très marquée. Le Focal insiste plus sur les basses, mais garde une meilleure définition générale et ne baisse pas dans les haut-médiums. Rendu plus sombre du Focal, on peut donc préférer le Sennheiser sur ce point.

 

 

 

Danny baranowsky, Super Meat Boy : Can o Salt

 

 

 

Rendu excellent des percussions. L’espace sonore n’est clairement pas des plus larges, mais la profondeur générale est heureusement convaincante.

 

 

 

 

Michael Jackson : Billy Jean

 

Bien que le HD25 paraisse plus clair, la percussion d’intro est clairement à l’avantage du Focal, la définition est bien supérieure et l’instrument se détache mieux du reste. Encore une fois le son est plus clair sur le HD25, particulièrement sur son pic des 10Khz, il semble également s’atténuer moins vite au-delà, mais la tenue des haut-médiums n’est pas la même, et le Focal est bien au-dessus à ce petit jeu. Je ne dirais pas que ce dernier écrase son concurrent, mais le driver montre un avantage technique évident.

 

 

 

Iron Maiden : Fear Of the Dark

 

On ne peut pas gagner à chaque fois, et le pic dans les basses se paye ici, rajoutant une lourdeur inutile sur le morceau, d’où un léger étranglement du son. Il n’y a pas d’effondrement général, mais le métal n’est pas le style du Focal Spirit One. Le Sennheiser HD25, tout en étant un peu brouillon, ne laisse derrière lui aucun défaut majeur, son énergie est bien là, il reste une référence du genre.

 

 

 

Pete Yorn & Scarlett Johansson : i don’t know what to do

 

Une assez grosse claque. Ce morceau est excellent sur le mixage, la dynamique du Focal montre son potentiel sur chaque petite inflexion. Bonne reproduction des voix, mais c’est avant tout dans les instruments que le modèle fait miracle, que ce soit dans la précision de la guitare ou l’impression de texture des percussions. Un style parfaitement adapté au Spirit One.

 

 

 

 

Shiny Toy Guns : Ghost Town

 

Test sur un morceau puissant et assez rapide, pas aussi difficile que le metal. On évite le pire ici, mais clairement il faudra accrocher à la signature, musicale (comprenez : pas neutre). L’impression de cohérence n’est pas immense lors des passages chargés, mais peu de casques, à commencer par le Sennheiser, semble faire mieux. Petite préférence pour le Spirit One mais le HD25 ne peut pas être considéré comme franchement en-dessous.

 

 

 

Astral Projection : The Nexus

 

Pas de reproche, l’énergie est là, beaucoup de petits détails sans forcer, toujours cette excellente dynamique du casque. On pourra regretter sa scène sonore un peu étriquée, mais la qualité du morceau ne s’en ressent pas trop, Très bon rendu pour l’électro en général.

 

 

 

 

Howard Shore : Concerning Hobbits

 

Petite préférence pour l’espace sonore du Wesc Bassoon vu le style. Le Focal Spirit One est malgré tout plus précis et possède un bien meilleur niveau de détails. Le Sennheiser HD25 s’en sort bien dans le genre, mais reste plus brouillon, toute proportion gardée.

 

 

 

Army of the Pharaohs : battle cry

 

De la grosse basse qui tache, pas de surprise, mais la chaleur du casque se répercute plutôt bien sur les voix. Le HD25 est dans ces eaux là, mais son creux des haut-médiums rend les voix moins agréables. Le Beats est plus sec et plus propre sur le Sennheiser, plus marqué et ample sur le Focal. Les adeptes du style préfèrent généralement la deuxième approche.

 

 

Lindsey Stirling : Spontaneous Me

 

Bien qu’il sonne sombre, le Focal est très maitrisé voire étonnant dans les aigus. Le Sennheiser accuse le coup sur les détails, il semble également avoir plus de peine à séparer les instruments. Sa reproduction des bas médiums est en revanche plus raffinée.

 

 

 

 

Jeremy Soul, Skyrim : From past to present

 

Le classique ne lui fait définitivement pas peur, la qualité de ses haut-médiums et des aigus est sans doute inégalée dans cette gamme de prix. Si les bas-médiums, pas aussi précis, étaient du même tonneau, il y aurait un sacré gain qualitatif.

 

 

Brady Winterstein : Flèche d’or

 

Tout comme le morceau Pete Yorn était fait pour lui, cette démonstration acoustique est un régal. Le HD25 est loin d’être dépassé, il est même excellent ici, simplement pas aussi riche, surtout sur la dynamique du morceau.

Dimmu Borgir : Stormblast (2005)

 

Du Black metal, certes bien mieux mixé que la moyenne du genre, mais clairement pas le style facile. Ce morceau est étonnamment plutôt léger dans les basses, d’où un rendu à peu près normal de la part du focal. Il n’y a pas de débordement, même si pas de miracle non plus. A peu près équivalent au HD25 mais tout de même en dessous, ce dernier s’accordant décidemment mieux avec les styles très chargés.

 

 

Queen : Show must go on

 

Un bon mixage, assez riche et doté d’une bonne dynamique. Le Focal Spirit One et le Sennheiser HD25 s’en sortent à peu près de la même façon. Représentation un peu lourde de la voix pour Focal, percussions et cymbales moins précises sur le Sennheiser. Le Sennheiser sonne un peu plus large, le Focal sonne plus profond.

 

 

Armin Van buuren : Imagine

 

Pas une surprise, la signature du Focal s’adapte mieux au genre et surtout à ses auditeurs. Puissant et très détaillé, il n’est pas saugrenue de dire que le Focal est au moins aussi réussi que le TMA1 sur son terrain.

 

 

King Crimson : I Talk to the wind

 

Bien que le HD25 donne un rendu plus clair, le Focal maitrise bien mieux les mixages intimistes de ce type. Pas parfait mais extrêmement agréable et chantant, chargé de détail sans forcer.

 

 

 

 

Analyse

 

Synthétisons un peu tout ça.
Tout d’abord, vous l’aurez compris, ce casque est largement dans une tendance chaleureuse, sans pour autant être un cadeau pour la masse. En effet, si ça signature plaira au grand public, les qualités de ce modèle sont avant tout dans la qualité de sa signature elle-même.

 

On pourra regretter cette mise en avant des basses, mais celles-ci restent de qualité, plutôt rapides et détaillées, choses que les bas-médiums peinent à faire, lesquels n’ont rien de particulièrement précis ou riches.

 

Grande force ici, les haut-médiums et les aigus, précis, pratiquement sans aucun reproche excepté la faible extension de ces derniers, et très inhabituels venant d’un casque nomade, plus proche de ce qui existe sur un tweeter dédié pour enceinte, très clair mais pas sifflant ni agressif. Ce dernier point est sans doute ce qui m’a le plus surpris et enthousiasmé dans le Spirit One.

 

 

Deuxième point remarquable, la dynamique du casque, c’est-à-dire sa capacité à reproduire la moindre petite nuance. Cette qualité amène également une exigence : celle des morceaux. Les mixages modernes ont souvent tendance à réduire dramatiquement la dynamique d’un morceau, d’où un meilleur rendu ici avec des styles comme le Jazz ou l’acoustique, plus épargnées (moins chargés également, il faut le reconnaitre) et donc plus à même de montrer les qualités. C’est d’ailleurs dans ces styles que la différence technique entre le Focal Spirit One et le Sennheiser HD25 se fait le plus sentir, parfaitement normal au vu de l’ancienneté du driver Sennheiser.

L’espace sonore ne m’a pas bluffé. Certes il y a une bonne profondeur d’écoute, mais cela reste du fermé. Heureusement la séparation des instruments est très bonne, largement à même de se débrouiller avec l’espace disponible.

 

 

Un roi Sombre ?

 

Sans doute la première fois que je considère que le HD25 n’est plus le maitre. Des années de règne, des modèles parfois supérieurs mais pas adaptés au nomade, des produits très isolants mais incapable de le surpasser, les concurrents sont et furent très nombreux, mais pour une fois un modèle peut se prétendre supérieur.

 

 

 

Certes il faut avant tout prendre en compte la préférence de la signature, qui elle ne se discute pas, mais techniquement parlant nous sentons bien que les drivers ont fait des progrès. Le M80 de V-Moda l’augurait largement mais échouait sur l’isolation, le Spirit One ne commet pas cette erreur.

 

Ainsi, Ce modèle bat le vieux Sennheiser sur pratiquement tous les genres, excepté, il faut l’avouer, dans les difficiles styles hard-rock et métal.

 

 

Le marché du nomade a encore des progrès à faire, car le Focal met avant une certaine inertie dans le marché, coté qualitatif en tous cas. Il s’installe donc tranquillement en tête (de mon point de vue) sans pour autant être la claque de la décennie. Rien de dramatique, les casques sont tout de même de mieux en mieux dans le secteur, mais la marge de progression est encore très importante.

 

 

CONCLUSION

 

 

Entrée remarquée pour un modèle qui, faute de véritable concurrence, représente ce qui se fait de mieux en matière de nomade. Sonorité sombre, mais détaillée, profonde, bluffante sur le haut du spectre et extrêmement polyvalente, il n’y a pratiquement que sur sa signature que l’on pourra l’attaquer, fatalement de manière subjective.

Des progrès restent encore à faire, particulièrement sur les médiums, mais ce Focal Spirit One est une véritable réussite, sans doute promis à un bel avenir. En espérant de nouveaux modèles…

 

 

 

 

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.



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