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Test Monster Beats Mixr David Guetta

Introduction : Beaucoup de retard, des procès, sans doute du sang et des larmes mais le voici : le casque de David Guetta, pour certains le raccourci facile d’un artiste mainstream, pour d’autres le coup de génie du DJ n°1 au monde. Le Mixr est très attendu au tournant, peut-être même un peu trop. Première réelle nouveauté depuis bien longtemps, son prix dans le circuit classique le place à hauteur des références du genre, plus cher encore que le M80 de V-Moda, le Bassoon de Wesc, ou l’aviator de Skullcandy, et à égalité avec le HD25 Adidas de Sennheiser (Le HD25 classique étant moins cher). En vaut-il la peine ou n’est-il qu’un casque facile de plus ? Voyons cela.

 

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Monster Beats by dre mixr david guetta

Package

Le package est fidèle aux habitudes de la marque, extrêmement bien présenté. Orientation plus Dj, celui-ci n’est pas aussi fourni que celui du Studio. Ouverture de la boite, celui-ci se divise en 2 parties. A gauche quelques fiches et un tissu essuie-tout, rien de plus. A droite, dans un renfoncement, la housse du casque, rigide et assez douce, parfaitement adaptée au transport. A l’intérieur de la housse, nous retrouvons le casque replié, ainsi que les deux câbles fournis.

Premier câble : classique, sans télécommande, torsadé sur une petite portion près du jack. Celui-ci est dans l’optique DJ ou écoute sur baladeur. Seul bémol pour moi, un adaptateur Jack 6.35mm est relié à sa base, et il est impossible de le retirer (à moins de le couper). Deuxième câble, télécommande/micro Smartphone, pratiquement indispensable maintenant.
Bref un package assez simple mais que pouvait-on vraiment demander d’autre ?

Fabrication

Bien qu’entre le Solo et le studio en termes de prix, le Mixr est bien supérieur aux deux sur ce point. Clairement moins plastique que ces derniers, particulièrement le solo, il semble corriger en grande partie la très grande fragilité lors des torsions, cela grâce à un système de pivot entièrement en métal (une bonne partie du poids) vraiment irréprochable. La seule inconnue est l’arceau visiblement plus solide que le Solo, Solo Hd et Studio, mais difficile de connaitre la possibilité de torsion. Sur ce dernier point le V-Moda fait plus sûr, mais le MixR n’a pas à rougir, et le design est également réussi. Ainsi, il ressort de ce produit un côté plus massif qu’à l’habitude, assez proche du modèle Pro avec lequel il partage beaucoup de similitudes dans la construction et l’approche générale.

Enfin, encore un héritage du Pro : le câble parait de très bonne facture, mais surtout mieux construit sur la connexion Jack que le Solo et le Studio. Ce point n’est pas aussi bon que sur le Pro toutefois, lequel est encore plus épais, mais il n’y a vraiment rien à redire.

David Guetta oblige, ce modèle respecte les conventions du casque DJ en laissant pivoter les écouteurs. La plupart des modèles permettent un pivotement sur 90° et parfois sur un seul des côtés. Ici, le modèle permet une rotation de 90° vers l’avant, et de 180° vers l’arrière, cela pour les deux côtés. Il est ainsi possible de le replier entièrement, très bon point.

Confort

Très perturbant à vrai dire, et je ne saurais que trop vous conseiller de l’essayer 10 ou 15 minutes sans le retirer pour avoir une idée. Les coussinets sont de bonne facture, plutôt solides et doux (et également clipsable), mais le serrage de l’arceau est extrêmement important, de quoi faire passer le HD25 pour un serrage moyen. La première demi-heure passe encore, mais je ressens une gêne au-delà, je n’ai pourtant pas une grosse tête. A côté de cela, la structure est Supra, mais là n’est pas la cause de l’inconfort.

Dernier point, même si cela n’est pas gênant et directement lié à sa fabrication, ce casque est relativement lourd pour un supra. J’ai ainsi mesuré celui-ci à 220gr, contre 140gr environ pour le HD25, 180gr pour le Wesc Bassoon et le M80 de V-Moda. Le Beats Pro pesant près de 400gr, cela est encore très supportable.

Isolation

Serrage important et bons coussinets, ce modèle possède une excellente isolation, clairement dans les eaux du HD25 ce qui n’est pas peu dire. Aucun problème dans les transports en commun.

Petit Plus

Enfin, puisque nous en sommes à le rapprocher du Pro, on remarque également la possibilité de branchement du câble à droite ou à gauche, la plupart des utilisateurs récents ayant visiblement un problème inversion droite/gauche (petit boutade), cette option est toujours bonne à prendre.
Bref que retenir de la forme ? C’est assez clair, l’influence du Monster Beats Pro est plus qu’évidente, que ce soit en fabrication, sur la forme des oreillettes, les coussinets, ou même le câble. La chose est plutôt bonne, car nous sortons du design plastique léger. Ainsi il n’y pas de véritable défaut sur la forme, excepté sur le confort.

LE SON

Testé sur un Cowon S9, un Omnia 7, un Iphone 4, un Hifiman HM801. Ainsi qu’un Audio-Gd NFB-12 en sédentaire.
Avant une petite écoute, coupons court à quelques questions.
-Ce modèle est-il meilleur que le Beats Solo et Solo HD ?

Oui sans aucune contestation.

-Est-il un modèle équilibré comme cela est annoncé ?

Non clairement pas, nous restons sur une optique Monster dans la sonorité avec quelques points particuliers néanmoins.

-Ce casque est-il bon ?

Le driver est techniquement bon, mais nous allons maintenant creuser l’écoute.

(de gauche à droite, le driver du Wesc Bassoon, du V-Moda M80 et du Beats MixR)

Tout d’abord, première chose à remarquer (constat presque immédiat avec Bigtonio), sa signature en V très marquée. Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que ce modèle est très chargé en basses, et possède un assez gros pic dans les haut-médiums. J’entends par pic des haut-médiums à peu près 3-4Khz (ce que je devrais normalement considérer comme les aigus).

Mais contrairement à pas mal de modèles, celui-ci est vraiment marqué dans les basses et non pas dans les bas-médiums. La différence à l’écoute se traduit par une tendance au ronronnement, non pas à une exagération dans n’importe quel jeu de batterie ou simple tapotement. Choix parfois malheureux tout de même, car cette plage de fréquence est ici trop marquée, et cela est souvent inutile, même pour les sensations.

Sa signature en V donne à l’écoute à la fois un sentiment de clarté ou de tranchant (pic des hauts médiums), mais également de manque d’équilibre, cette mise en avant des basses gênant assez souvent le reste du spectre.

Petite caractéristique de la signature en V, l’écoute assez large et éloignant les voix, projetant les voix vers l’avant plutôt. En contrepartie, l’écoute est à la fois assez détaillée et jamais vraiment boueuse, ainsi aucun genre n’est totalement mauvais.

D’une manière générale, ce modèle est moins équilibré que le Studio, lequel possède un bon pic dans les bas médiums mais sans exagération. La partie bas-médiums, moins claquante et précise que celle du HD25, garde tout de même un bon niveau, très loin de ce que fait le Solo en la matière.

Les basses, impressionnantes de puissance, sont, sans doute de par la taille du driver, très larges et très enveloppantes, sans trace de distorsion. Reste que le niveau mériterait d’être abaissé d’au moins 6-10db.

Le HD25 n’est pas un modèle neutre, la puissance de ses bas-médiums n’est pas si éloignée de celles du Mixr et il possède également un petit voile dans les médiums. Mais, la différence fondamentale est sa notion d’équilibre. On peut aimer telle ou telle signature, cela ne se discute pas, mais le mixR, en en rajoutant, détruit quelques points prometteurs. Ainsi, si le pic des haut-médiums laisse une certaine clarté, les basses sont pratiquement toujours là. Cela va d’un simple ronronnement presque inaudible jusqu’à une emphase vraiment trop importante. A ce petit jeu, on notera un bon niveau de détails mais une séparation des instruments moyenne, une écoute assez large mais la plupart du temps un manque de profondeur et d’espace.

Ce constat est toutefois un peu sévère et dépend justement grandement du type de morceaux, voire carrément du type d’enregistrement. Et là, il est très difficile de donner une généralité. Certains morceaux exigeants passeront presque aussi bien que le HD25, d’autres en apparence simples seront trop lourds.

Différents styles

Pour qui recherche un son extrêmement puissant quitte à en rajouter (et ne craint pas le mal de tête) ce modèle n’a pratiquement aucun équivalent en supra, tout simplement parce qu’il présente une approche extrêmement ample des basses et « relativement » bien définie. Inutile de partir dans une optique audiophile ou de neutralité, ce casque n’est clairement pas dans ces catégories.

Sur du David Guetta, par exemple, qui se sert énormément de ce type de fréquence (là ou certains marquent le tempo plutôt dans les bas médiums), le résultat à la hauteur des promesses, les basses tapent très fort et très amples. En comparaison, le HD25 laisse une impression bien plus claire (manifestement meilleure gestion des aigus), tape fort mais de façon moins ample, et reste étonnement un peu plus voilé. Pour ce qui est du niveau de basses, je trouve celui du HD25 parfaitement suffisant, le mixage de base étant déjà prononcé dans ce secteur. Du coup, le passage au MixR est presque écrasant. Mais, ce genre étant aussi une affaire de sensation, la musicalité est là.

Sur des morceaux plus surmixés dans les aigus comme ‘in and out of love’ de Armin van buuren (une bonne partie de la Trance d’ailleurs) le constat est un peu différent. Le niveau de basses n’est pas aussi dérangeant, on peut même parler de caractère différent. La dynamique et la pêche dans les basses du HD25 restent facilement au-dessus, de même que la clarté générale, mais le Mixr amène une amplitude plus grande et un petit grain pas désagréable du tout. Question de préférence dans ce genre, mais la Trance passe généralement mieux que la House, et beaucoup préféreront alors le mixR au HD25.

Tentons un peu sur le métal. Sur ce genre, la séparation fait souvent la différence. Le HD25 n’est pas un foudre de guerre à ce petit jeu, mais gère souvent mieux cela que le MixR, qui pourtant reste constant dans ce style, confiné mais jamais réellement mauvais. Reste que, et cela poursuit le MixR dans tous les styles, sa tendance à en rajouter sur les basses lui joue souvent des tours. Un morceau comme ‘Fear of the dark’ d’Iron Maiden met parfaitement en avant ce point. Bien enregistré et équilibré, ce morceau s’exprime parfaitement sur le HD25, là où la ligne de basses sur- gonflée alourdi l’écoute sans la dynamiser avec le Mixr. Un morceau plus exigeant mais sans grosse ligne de basses comme ‘Twillight of the thunder god’ de amon Amarth, très rentre dedans et pas spécialement aéré, passe relativement.

Le rock, de manière générael est à peu près dans la même tendance. Le driver garde un bon niveau de détails et une certaine clarté, les bas-médiums font le boulot, mais les basses sont à surveiller.

La folk et le Jazz rendent des copies diverses avec lui, mais certains morceaux se permettent même d’être plus agréables avec le Mixr, typiquement les enregistrements peu basseux, simples et aérés dans lesquels il se retrouve. Sans cette surcouche de basses, il est alors un peu moins détaillé mais plus chaleureux et un peu moins voilé sur les voix que le HD25. Exemple parfait sur « blind willie mctell » de Bob Dylan.

Le classique est souvent plus chargé en instruments et s’appuyant sur une assise de basses, le Mixr est alors rarement à son avantage, allant du mauvais dans le genre symphonique jusqu’à très acceptable avec des quatuors de violon par exemple. On remarque néanmoins que ce casque atténue assez vite les aigus. Pas de façon dramatique, mais un peu à la manière du Beats pro, rapidement après les 10Khz.

Pas une référence ?

Finalement que retenir du MixR ? La comparaison avec le HD25 est toujours très dure, cela pour pratiquement tous les styles. Celui-ci, bien que plus tout jeune, reste encore un modèle tant il sait s’adapter aux différents styles, se fondre dans un genre calme ou puissant au besoin. Le MixR, lui, ne partage pas exactement cette approche, mais cela est avant tout la cause de sa signature.

Car son driver, manifestement, en a à revendre, et aurait eu de quoi être considéré comme très bon. Le niveau de détail est plutôt bon et l’espace sonore correct, de même que les voix, pratiquement sans voile même si éloignées. Seulement, Beats oblige sans doute, il faut en mettre plein la vue.

En ce sens il respecte clairement ses engagements, proposant un impact et une puissance incroyable pour un supra, surtout que ses basses, contrairement au Solo, sont maitrisées. Mais cette signature amène fatalement une exagération sur des morceaux qui parfois n’en ont pas besoin. Affaire de goût donc, mais pour moi le HD25 reste largement le maitre.

Face au Beats Studio :

Le studio, bien que très critiqué, reste ce qui se fait de plus équilibré chez Beats. Un bas médium un peu marqué mais pas envahissant (le HD25 n’est pas extrêmement loin). Le Mixr est à peu près équivalent dans les bas-médiums, mais un poil plus précis. Mais là où le Studio lâche l’affaire (à cause du système de réduction) à partir des 60Hz, le Mixr semble accentuer le niveau, d’où une écoute plus lourde. Pas fabuleux dans la séparation ou le niveau de détail, le Studio est néanmoins suffisamment large dans son espace sonore. Pas aussi impressionnant que le MixR, il n’a pas non plus le pic des 3-4Khz, d’où un son moins tranchant et plus voilé. La cible habituelle de Beats devrait ainsi préférer le mixR. Reste que sur un style comme le Rap, le Studio aère plus l’écoute, cela se ressent particulièrement sur les refrains.

Face au Beats Pro :

Le Pro partage énormément de similitudes avec le MixR et l’essentiel de sa signature, si bien que ce dernier pourrait être considéré comme le mini Beats Pro. Qui dit Mini dit également concessions, et le Pro possède d’une manière générale un bien meilleur rendu, à la fois parce qu’il ne reprend que peu de défauts, mais également parce qu’il partage ses forces. L’impact est grand mais l’espace sonore plus large et mieux organisé permet aux basses de ne pas gêner le reste du spectre, les aigus sont également vite atténuées, mais la séparation des instruments reste meilleure.

Face au V-Moda M80 :

Le V-Moda, doté pourtant d’un driver encore plus large que le MixR, favorise une approche totalement différente. Il serait difficile de vraiment les comparer tant l’isolation moyenne du M80 le laisse dans une optique semi-nomade. En qualité pure, le M80 reste tout de même bien plus fin et détaillé, particulièrement dans les médiums, très peu d’atténuation dans les aigus, avec des basses puissantes au besoin, même si un niveau un peu faible par rapport à la moyenne (en pratique, toute petite bosse). Ce modèle fait vraiment partie d’une nouvelle génération et il reste sans doute au-dessus du HD25 à ce niveau. Mais pour les styles électro, et surtout pour le public électro, le mixR est sans doute plus adapté.

Face au Audio-technica ATH-ESW9 et ES10 :

Très basseux, ces deux produits sont pourtant des modèles dans l’approche des bas-médiums, la texture est bien plus fine et les médiums plus naturels. Nous ne sommes pas dans la même gamme de prix et ces deux produits sont clairement au-dessus techniquement.

Pour quel style ?

D’une manière générale, il est difficile de cerner un réel style de prédilection. On pense à l’électro bien sûr, qui ravira les bass-lovers, mais sa signature lui permet aussi d’aller un peu plus loin. Parfois très agréable sur des styles rapides comme le métal, voire sur certains styles calmes, c’est avant tout la question du niveau de basses du morceau qui posera problème. Certains délaissent largement la partie 20-80Hz, le casque parait alors presque normal, parfois en revanche l’artiste en rajoute, et le mal de crâne peut vite arriver, de même que le débordement sur les autres fréquences. On pourra donc le trouver, de fait, relativement polyvalent, car il ne lâche aucun style, mais reste toujours typé.

Reste une chose, l’égalisation.

Autour de 100-150Hz, il n’y a pas vraiment besoin de toucher à l’égaliseur. En dessous, dans les basses, une atténuation de 6 à 10dB ne parait clairement pas excessive. Le volume est réduit, mais la sensation d’impact est aussi large. Il est également bénéfique de rehausser à partir de 10Khz, le casque suit bien et la clarté (le petit scintillement du hd25) est améliorée. Le gain est largement visible et l’éclectisme s’en ressent.

CONCLUSION

Un modèle qui n’a pas à rougir, possède une qualité technique indéniable mais une approche qu’il faut supporter, à la fois portée sur les basses et les haut-médiums, un archétype de la signature en V. Un produit génial pour les bass-lovers, fatiguant pour beaucoup d’autres. De même, il faudra composer avec un confort franchement moyen.

Techniquement parlant, le HD25 ou le Beats Pro restent au-dessus. Le Beats Studio est plus neutre mais pas meilleur, le Solo et le Solo Hd sont totalement enterrés. Très puissant, assez tranchant et surtout extrêmement bien construit et très isolant, ce modèle est un pari réussi pour David Guetta. Mais ce MixR ne risque clairement pas de faire bouger les lignes des pro et anti Monster Beats.

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau de gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Nous vous conseillons de lire attentivement le test dans son intégralité.

Il va également sans dire que la subjectivité est inévitable dans un test de casque, il se peut que vous soyez déçu par un modèle malgré tous nos efforts pour rester objectifs.



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